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Date de création : 30.03.2011
Dernière mise à jour : 02.02.2026
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ANGEL BABY : LES BONS CRIMES DE MR LANGE

Publié le 22/05/2015 à 20:35 par lesartsausoleil
ANGEL BABY : LES BONS CRIMES DE MR LANGE

 

Richard Lange est un auteur américain à suivre. De près. Son Angel Baby paru récemment chez Albin Michel est un polar incandescent, dopé à la nitroglycérine coulant goutte à goutte d'une page à l'autre et porté par une urgence presque palpable à travers encre et papier. Urgence à vivre et à survivre coûte que coûte dans une sorte de course poursuite frénétique où tous les coups sont permis et qui met en scène la femme d'un narco-trafiquant mexicain qui décide de s'exonérer de la tutelle de son psychopathe de mari pour aller récupérer sa fille aux Etats Unis. Mais pour franchir la frontière, il lui faut un passeur. Lequel a les traits d'un pauvre bougre hanté par la mort de sa propre fillette née d'un premier lit, dont il s'estime responsable pour l'éternité et dont il s'évertue à éponger le chagrin perpétuel en s'imbibant d'alcool à outrance. Pour parvenir jusqu'à lui, Luz va devoir se salir les mains de manière sanglante, raflant un petit magot qu'elle destine à son nouveau départ en s'enfuyant violemment de sa cage dorée en semant au passage des cadavres derrière elle. Ce qui engendre sine die des représailles à la hauteur de sa trahison. Son redoutable époux, El Principe, expédie à ses trousses une horde sauvage prenant les traits uniques d'un repris de justice qu'il fait expressément libérer de prison et dont il séquestre la petite famille, histoire de s'assurer ses bonnes grâces et sa plus parfaite coopération. El Apache n'a d'autre choix que d'obtempérer et de passer à son tour la frontière, pour mettre la main sur la fugitive dans un Los Angeles qu'il connait bien pour y avoir grandi. Mais dès le passage de la ligne de démarcation entre les deux Amériques, la mécanique se grippe. Luz et son chauffeur baptisé Malone sont pris en chasse par un flic particulièrement pourri, qui considère la frontière comme son terrain de chasse, dépouillant les émigrés clandestins au gré de ses patrouilles quand il n'exige pas de leurs compagnes quelque faveur sexuelle sous la menace de son arme de service. Des rebondissements habilement troussés amènent El Apache à faire alliance avec ce flic sans scrupules, duo improbable où le plus pourri des deux n'est pas forcément celui que l'on pourrait croire, aux trousses d'un autre tandem en rupture de ban. Dans cette cavale à mains armées, chaque minute compte et Richard Lange utilise à merveille le présent de l'indicatif pour souligner toute l'intensité constante qui parcourt ce rush infernal vers une rédemption impossible. Car le lecteur se doute bien qu'il n'y aura pas que des gagnants à l'arrivée. A l'instar d'Apportez moi la tête d'Alfredo Garcia, le grand polar furieusement mis en images par le maître Sam Peckinpah (1974), Angel Baby s'encaisse comme un uppercut. La gifle noire et sang de ce second trimestre 2015.