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Date de création : 30.03.2011
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CET ETE LA : LEE MARTIN DANS LE JARDIN DU BIEN ET DU MAL

Publié le 14/03/2017 à 21:59 par lesartsausoleil
CET ETE LA : LEE MARTIN DANS LE JARDIN DU BIEN ET DU MAL

Premier roman de Lee Martin publié en France, Cet été-là est indubitablement une nouvelle bonne pioche à mettre au crédit de Sonatine. Au cœur du paisible été 1972, dans une bourgade de l’Indiana, Katie une gamine de neuf ans qui fait la fierté et la joie de ses parents disparait un beau soir sur le chemin de la bibliothèque municipale où elle était allée rendre des livres. Très vite, les recherches s’organisent mais le malheur semble déjà avoir frappé cette petite communauté tranquille en apparence, qui selon toute vraisemblance abrite à son insu en son sein un monstre à visage humain. Pour raconter par le menu ces moments terrifiants, ceux qui précèdent le drame comme ceux qui s’enchainent autour de cette nuit de cauchemar, Lee Martin use d’un art polyphonique consommé en convoquant les principaux protagonistes de ce fait divers au confessionnal des âmes tourmentées. Par petites touches, tel un peintre des apparences et des sentiments profondément enfouis pour ne pas dire refoulés, à l’instar d’un Thomas H. Cook qui demeure la référence en la matière, l’auteur s’immisce dans la tête et le cœur de ses personnages, nous introduisant dans leurs pensées les plus intimes, rejouant le film des évènements sans juger aucun d’entre eux. L’implacable enchainement des circonstances, la perte d’une certaine innocence et par-dessus tout cela un infini sentiment de solitude matinée de détresse plane sur ces êtres broyés par un acte aussi sordide qu’inqualifiable. Comme un vol d’hirondelles fascinant l’intrigant professeur de mathématiques de la fillette qui se souvient de tout, dévidant le fil de sa douloureuse mémoire au rythme de chapitres parfois très courts, saynètes ou séquences parfaitement mises en scène par un romancier happant le lecteur de la première à la dernière ligne. Mieux qu’un roman noir, un tour de force narratif et romanesque qui ne laisse pas indemne et nous hante une fois conclu l’ultime chapitre de ces 300 formidables pages là.