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RechercherDerniers commentairesmerci à vous. olivier barde-cabuçon
Par Anonyme, le 10.04.2023
sacrée bonne femme. la version "bad ***" de marilyn, excessive. qu'est ce qu'elle m'a plu... http://chez-ra ou
Par chez-raoul, le 13.04.2020
ça donne envie de le lire
Par Anonyme, le 09.08.2018
merci pour vos commentaires élogieux !
si je puis me permettre, vous devriez insérer des sauts de paragraphe
Par Anonyme, le 11.06.2017
many thanks for the review of my book. merci beaucoup. http://www.mil larcrime.com.c enterblog.net
Par sam millar, le 22.04.2016
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Date de création : 30.03.2011
Dernière mise à jour :
02.02.2026
522 articles
Traduit par Yoko Lacour et Hélène Charrier et édité par Monsieur Toussaint Louverture au rythme d’un tome tous les quinze jours entre avril et juin, Blackwater s’inscrit comme l’évènement éditorial incontournable de ce printemps 2022.
Saga imaginée par Michael McDowell en 1982, publiée l’année d’après aux Etats-Unis à raison d’un titre par mois de janvier à juin et demeurée inédite en France jusqu’à présent, Blackwater c’est la rencontre explosive entre la peinture romanesque d’un Sud profond aux faux-airs de récit à la Tennessee Williams et l’horreur indicible émanant des profondeurs aquatiques de la rivière donnant son nom à ce feuilleton addictif, rappelant aussi bien Poe que Lovecraft, voire des légendes européennes comme celle de La Vouivre popularisée par Marcel Aymé.
Le talent de Michael McDowell ne nous est pas totalement inconnu notamment grâce à sa collaboration avec Tim Burton pour lequel il écrit le scénario de Beetlejuice et adapte L’Etrange Noël de Monsieur Jack, multipliant sous son patronyme ou sous pseudonyme romans policiers, fantastiques et épisodes de séries télés avant d’être fauché en 1999 par le SIDA à 49 ans à peine, Stephen King le considérant comme le meilleur auteur de parperbacks américain. Un format de poche dans lequel il voulait être directement publié, en se définissant lui-même comme un auteur commercial travaillant moins pour la postérité que pour le plaisir immédiat de ses lecteurs.
Superbement mis en valeur par un éditeur qui s’y entend pour nous offrir non seulement des textes étincelants mais aussi de magnifiques objets livresques (citons pour mémoire Karoo, Tattoo et Un jardin de sable, Watership Down, La maison dans laquelle ou Moi, ce que j’aime c’est les Monstres), ce chef d’œuvre littéraire relève plus particulièrement du genre South Gothic bien que le réduire à cette seule appellation en minorerait assurément les mérites.
Car Blackwater opère une synthèse haut de gamme entre l’héritage sudiste de Margaret Mitchell, l’art du mélodrame du Douglas Sirk d’Ecrit sur du vent, le soap télévisuel à la Peyton Place (tiré lui-même d’un roman de Grace Metalious) mâtiné de Flamingo Road (adapté d’un roman de Robert Wilder auquel on doit d’ailleurs Ecrit sur du vent) voire de Dallas, le tout subtilement empreint de ce surnaturel caractérisant les romans sudistes d’Anne Rice qui irriguera par la suite la fameuse Communauté du Sud de Charlaine Harris (devenue la série à succès True Blood sur le petit écran).
Se déroulant dans l’Alabama natal de l’auteur, Blackwater débute à la Pâques 1919 au cœur de la petite cité imaginaire de Perdido, au détour d’une crue monumentale qui expédie sur les flots tourmentés de la rivière donnant son nom à la saga Oscar Caskey, l’héritier d’une des familles les plus en vue de l’endroit, volant inopinément au secours d’une jeune femme prisonnière de sa chambre d’hôtel cernée par la montée des eaux et répondant au prénom exotique d’Elinor.
Comme surgie de nulle part, la belle inconnue fait rapidement la conquête d’Oscar tandis que nous découvrons Mary-Love, la mère de ce dernier, redoutable matriarche régentant son petit monde d’une main de fer à laquelle Elinor ne va pas tarder à s’opposer en murissant le projet de transformer celui sur lequel elle a jeté son dévolu en baron de l’industrie locale du bois, quitte à prendre en sous-main les rênes de la déjà prospère scierie familiale en faisant montre d’une prescience stupéfiante en matière d’investissements fructueux.
Success story dérivant du végétal vers les hydrocarbures au gré des épisodes balayant au passage la Dépression puis la Seconde Guerre Mondiale et le début des Trente Glorieuses, les mésaventures d’Elinor et de sa descendance se parent de teintes fantastiques quand se manifeste le caractère pour le moins hybride de son héroïne, au gré de chapitres se dévorant aussi goulument que les proies de ce qui hante la Blackwater, composante à part entière de cette comédie humaine typiquement anglo-saxonne dans laquelle la nature foisonne autant que les personnages secondaires qui la peuplent.
Le tout écrit dans un style emballant au possible, témoignant d’un savoir-faire romanesque n’ayant pas pris une ride quarante ans ou presque après sa première parution outre atlantique et dont on n’oublie pas plus les dantesques séquences horrifiques que les cliffhangers propres à tout bon serial flirtant avec le drame et le thriller.
S’il vous faudra patienter jusqu’au 22 juin pour découvrir Pluie, l’ultime opus de la saga, vous pouvez dès à présent savourer La Crue (parue le 7 avril) et sous peu La Digue (sortie prévue ce 22 avril) avant d’apprécier La Maison (5 mai), La Guerre (19 mai) et La Fortune (3 juin) ; autant d’étapes d’une épopée qui sur un demi-siècle brosse le portrait d’une Amérique au féminin pluriel, sur fond de capitalisme triomphant où luttes des classes et des castes plongent leurs racines dans les insondables sédiments d’une terre de tous les mystères.
Où malgré les périls affleurant sous la surface, il fait bon s’immerger pleinement, hanté que l’on est par Elinor et ses sortilèges longtemps après avoir être chaviré par le souffle épique de ces 1200 et quelques pages inoubliables ; véritable épiphanie littéraire magnifiée par Monsieur Toussaint Louverture dont il faut une fois de plus saluer l'audace comme la générosité éditoriale.