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TETES DE MAURES : DIDIER DAENINCK CORSE LA SERIE NOIRE

Publié le 17/06/2013 à 22:33 par lesartsausoleil Tags : bonne amour histoire femme mode divers peinture image enfants
TETES DE MAURES : DIDIER DAENINCK CORSE LA SERIE NOIRE

Melvin Dahmani, petit escroc de Paname sans grand relief, s'en vient en Corse pour assister à l'enterrement d'une femme qu'il a passionnément aimé jadis. Quand il apprend qu'elle s'est en fait suicidée, il cherche à saisir le pourquoi de ce geste ultime, ne se doutant pas des zones d'ombre qui vont finir par déteindre sur lui pour l'envelopper comme un funeste linceul...

Alors que l'Ile de Beauté alimente régulièrement la chronique des faits divers quand sont égrénés dans les médias les noms des victimes tombées sous une puissance de feu anonyme, appelée le plus souvent à le rester, Didier Daeninck ose aborder avec ses TETES DE MAURES (paru récemment à l'Archipel) la thématique de la violence insulaire.

En l'abordant de front comme il en a l'habitude, en auteur engagé qui ne se départit jamais de ses amours révolutionnaires. Et sans fard. Son imagination débordante s'accomode bien de la chaleur sanguine de cette terre fière, hantée par les fantômes littéraires de la Colomba de Mérimée. En quelques phrases nous voilà plongé au cœur d'une histoire locale tourmentée, menaçante et fébrile. Dont le lecteur pressent qu'il ne sortira pas indemne. Pas plus que son personnage central, venu enquêter presque malgré lui le long de la côte ajaccienne jusqu'aux hauteurs des villages perchés à flanc de montagne.

Avec ses odeurs de myrte, de charcuteries et ses couleurs de roches brûlées par le soleil, sa peinture d'une Corse balnéaire et touristique, entre plages et maquis, se heurte à la litanie des morts qu'il place en exergue de ces chapitres. Comme autant de repères temporels mortifères, à l'image de ses croix qui au bord des routes rappellent des vies brisées au détour d'un platane ou d'un virage en épingle. La répétition de ces avis de décès se fait lancinante et rappelle s'il en était besoin à quel point la violence peut vite se banaliser quand elle se résume à des patronymes associés de manière incongrue au seul calibre qui les a occis.

Mais Daeninck a le courage de ses idées. Sa dénonciation de la violence sans appel, même si elle se pare des attraits d'un certain romanesque propice à faire s'écarquiller les yeux des enfants à la veillée, se veut celle d'un moraliste plutôt que d'un donneur de leçons. Ou mieux, d'un témoin de son temps qui essaie davantage de comprendre plutôt que de juger.

Comprendre une mentalité imprégnée malgré elle des gênes de la vendetta, de la légende de ces bandits d'honneur se heurtant à la maréchaussée continentale comme à la résistance de quelques autochtones dont la bonne volonté ne suffit pas toujours à stopper l'engrenage de la violence.

N'édulcorant rien des traits farouches de certains porte flingues prompts à dessouder leurs prochains sans sourciller, l'auteur sait également nous raconter une histoire de fantôme d'amour qui hante le périple de son anti héros, victime d'un engrenage implacable digne des Sopranos à la mode Mafiosa (la série de Canal Plus). Une fois encore, Didier Daeninck ne transige pas avec le lecteur, n'entendant pas le flatter dans le sens du poilu (clin d'œil à son excellente Der des Der). Une intégrité salutaire à l'aune d'un tel sujet...